Hier, après des mois de discussions, les géants américains Microsoft et Yahoo ont signé un pacte de dix ans sur la recherche en ligne. Leurs visées : concurrencer le géant Google et éviter de perdre davantage de parts de marché.

Bing, par cette entente, sera éventuellement intégré aux différents sites de Yahoo et deviendra l’engin de recherche exclusif des deux entreprises. Pour signer un tel pacte «avec le diable», on comprend que Yahoo était vraiment mal en point. Pendant les années où je travaillais pour Yahoo (c’était juste avant l’explosion de la bulle internet), Microsoft était en effet l’ennemi juré et avoué de Yahoo, tant d’un point de vue commercial que culturel.  La culture Yahoo, on devra conclure, n’est plus aujourd’hui ce qu’elle était durant la belle période d’innovation et de leadership de l’entreprise.

Qu’avait vraiment à gagner Yahoo dans cette entente?  Surtout un meilleur outil de recherche : au moins deux fois populaire que le sien (aux É-U, les parts de marché en recherche sont de ±20% pour Yahoo et de ±8% pour Bing), mais certes plus performant.

Ce qui inquiète le plus, c’est que l’entente entre les deux entreprises prendra deux ans à mettre en place.  En âge internet, ça représente des décennies.  Durant cette période, Google aura tout le temps de perfectionner son service et une jeune-pousse pourra elle aussi faire son apparition dans le champ de la recherche en ligne avec des outils qu’on imagine à peine aujourd’hui.

Le vrai concurrent de qui Yahoo, Microsoft et Google devraient se méfier, c’est bien plus Twitter et son incroyable outil de recherche en ligne.  Google en est jalouse, sait-on, et pour cause.  Avec l’accélération des communications et la nouvelle passion de l’instantané, on veut de plus en plus trouver l’information la plus récente, et tout de suite.

Bien que l’instantané rime souvent avec bruit plus qu’avec sens, nous semblons nous diriger de plus en plus vers un univers de vacarme où les annonceurs, malgré leur meilleure volonté, pourront de plus en plus difficilement stopper la bruyante machine.

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